Difficile de dire combien de personnes pratiquent le scroll sans fin sur leur téléphone, mais elles sont très nombreuses et beaucoup d’entre elles sont jeunes, voire très jeunes.
Sous l’apparente fluidité de ce geste anodin se cache un système de la captation qui transforme la curiosité en une dérive sans fin, pour au final causer de véritables dégâts intellectuels et émotionnels.
Le premier secret de cette hypnose réside dans l’abolition des signaux d’arrêt. Dans le monde physique, tout a une fin : le bas d'une page de journal, le générique d’un film... En supprimant ces marqueurs, le scroll plonge les pratiquants dans un état de flux permanent où la volonté s'émousse au profit d’un automatisme non contrôlé. Ce mouvement perpétuel flatte l’instinct de chasseur-cueilleur d’informations. C’est l’illusion de l’omniscience, car le puits sans fond simule à tort une source de savoir inépuisable.
Le scroll infini est aussi addictif parce qu’il repose sur le renforcement intermittent. Dans la mesure où des vidéos pépites surgissent de manière aléatoire, le cerveau libère de la dopamine par anticipation et le plaisir ne vient pas de ce que l'on regarde, mais de la promesse du contenu suivant. Diabolique!
Les dégâts sont considérables : Perte de concentration avec incapacité à lire des articles de fond. Surcharge cognitive où l'utilisateur passe du mode « je cherche une information » au mode « je subis un flux ». Sentiment d’impuissance à voir défiler les crises mondiales entre deux vidéos de chats qui sautent de quelques étages comme des écureuils volants (véridique !).
Comment se débarrasser de cette habitude? Tout d’abord en être conscient, puis identifier les situations qui favorisent cette action, introduire des signaux d’arrêt (minuteur externe, compter le nombre de scrolls et les limiter à 10 par exemple), enfin désactiver des notifications et la lecture automatique des vidéos.
Il y a là un véritable enjeu de santé mentale pour les années à venir !
Dans ce numéro, nous vous proposons des articles sur le dépistage de l’autisme, la nouvelle stratégie de dépistage du cancer de la prostate avec IRM prostatique et les points principaux de prévention de la néphrotoxicité médicamenteuse. Nous poursuivons également nos séries sur les troubles du rythme et la prise en charge de l’ostéoporose.
Notre enquête a porté sur les fausses informations et le doc bashing, un sujet qui ne laisse que peu d’entre vous indifférents.
Ce premier numéro en 2026 est l’occasion de rappeler nos congrès Preuves & Pratiques avec de nouveaux sujets passionnants qui seront abordés, consultez le calendrier pour retrouver le congrès de votre région.
Un nouveau jeu scientifique vous attend avec notamment la Compil P&P à gagner, un recueil très structuré de toutes les communications en vidéo, accessibles très simplement en 1 clic.
Nous vous attendons nombreux en 2026 !
Renaud SAMAKH
Directeur de la publication